Je suis une de ces personnes qui achètent des livres juste en étant attirée par le titre ; surtout quand ça parle de femmes fortes, puissantes, ambitieuses et mystérieuses. Et c’est comme ça que je suis tombée sur ce petit bijou : « Femmes d’influence » de Kati Marton. De plus la couverture avec les locataires de la Maison Blanche m’a encore donné plus envie.FemmesCe livre retrace le parcours de 13 premières dames américaines qui ont marqué l’Histoire des Etats Unis. Des Wilson aux Obama en passant par les Roosevelt, Kennedy et Clinton, l’auteure nous raconte le rôle joué par ces femmes pendant la présidence de leur mari. Je suis admirative devant ces dames qui ont choisi l’activisme : Eleanor Roosevelt, Hillary Clinton ; séduite par celles qui ont exercé leur influence dans l’ombre : Rosalyn Carter, Edith Wilson et transportée par celles qui ont choisi de faire avancer de grandes causes : Lady Bird Johnson, Jackie Kennedy.

A travers ce livre, on se rend compte davantage à quel point certaines « First Ladies » ont marqué l’histoire de leur pays mais également celle du monde. A la fin de ma lecture, j’ai été marquée par :

  • Eleanor Roosevelt, aimée pour son charisme, son courage et sa dignité. Malgré son intérêt fort pour la politique, elle n’a jamais voulu voler la vedette à son mari. On lui avait proposé plusieurs postes stratégiques dans l’administration américaine mais elle les avait tous refusés tout en continuant à être très active au niveau national sans gêner son mari.
  • Jacky Kennedy, remarquée par sa beauté, son goût pour l’art plutôt que son intérêt pour la politique. Elle avait ce don de faire bouger les choses auprès de grands dirigeants du monde juste par sa prestance : par le regard, la petite phrase, le petit geste …
  • Hillary Clinton, la femme très intelligente et très complexe. Elle a voulu l’amour, le couple, la féminité, la famille et le pouvoir. Contrairement à la plupart des First Lady américaines, Hillary a eu son propre bureau à la maison blanche, avec ses propres équipes. Elle a bouleversé le rôle de la première dame. Elle traitait de grands dossiers notamment celui de la sécurité maladie qui s’est soldé par un KO. Elle a été ensuite vraiment détestée par les américains à un moment donné de la présidence de son mari. Elle a toujours l’échec du projet de l’assurance maladie, son silence sur la relation Bill Clinton/Monica Lewinski qui le suivent encore aujourd’hui. Par contre ceux qui la détestent comme ceux qui l’aiment reconnaissent qu’elle est une battante, une obstinée et qu’elle veut faire de la politique tout autant que son mari.

Le livre ne donne pas beaucoup d’éléments sur Michèle Obama. Elle venait tout juste d’entrer à la Maison Blanche lorsque ce bouquin est sorti. Mais il faut retenir qu’elle a une bonne cote de popularité aux États-Unis. Elle n’a pas encore pris une position forte dans la sphère politique mais elle a une présence remarquable au niveau social. Son atout, c’est l’image que les Obama transmettent au peuple américain : une belle famille, des photos « du couple heureux », et ça, les américains en raffolent.

L’intimité de ces dames de fer n’est pas laissée en rade par l’auteure et ce point m’a également marqué. Elles sont arrivées à la Maison Blanche à des périodes différentes. Certaines sont restées dans le traditionalisme (se limitant à s‘occuper du mari et des enfants) et d’autres ont opté pour la modernité (elles étaient plus visibles, plus actives dans la politique) mais toutes avaient un point commun : le silence face aux scandales sexuels de leur mari. Elles ont toutes été au courant des frasques de leur mari mais aucune d’elle n’a quitté le Président. Aucune d’elle n’a choisi le divorce. Certaines ont eu la chance d’être dans une époque où les Médias n’étaient pas développés donc les affaires sexuelles du Président ne sortaient pas de la Maison Blanche. C’est le cas des Roosevelt. Pour d’autres, elles n’ont pas eu cette chance. L’exemple le plus récent est l’affaire entre Bill Clinton et Monica Lewinsky. Hillary Clinton est quand même restée. Elles sont toutes restées pour la famille et/ou pour la politique.

En lisant ce livre, je n’ai pas pu m’empêcher de penser aux premières dames sénégalaises et françaises.

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Source : Google images. De Gauche à droite : Colette Senghor, Elisabeth Diouf, Viviane Wade et Marième Sall

Le Sénégal n’a eu que 4 Premières Dames en 55 ans : Colette Senghor, Élisabeth Diouf, Viviane Wade et Marième Faye Sall. Dans mes recherches, je n’ai pas trouvé un seul livre ou un seul article entièrement, exclusivement consacré à ces Premières Dames sénégalaises. C’est en parlant de leur mari, qu’on les associe aux écrits. A part leur fondation ou leur case des tous petits, peu de sénégalais savent exactement le rôle joué par ces femmes dans l’histoire politique du Sénégal. Avaient-elles un rôle symbolique ou activiste ? Certainement symbolique car on a jamais vu de première dame très active dans la vie politique et économique du Sénégal. Ou si c’est le cas, leurs actions n’ont pas été portées à la connaissance de la nation. Ce qui est le contraire de toutes leurs oeuvres sociales, qui elles sont visibles ou en tout cas plus relayées.

Aujourd’hui toute personne intéressée, passionnée par le rôle joué par ces femmes sénégalaises devra faire le tour des hommes d’Etats ou de ceux qui les ont côtoyés (Abdoulaye Wade, Abdou Diouf, Cheikh Hamidou kane, Habib Thiam, Bruno Diatta(cette bibliothèque ambulante)…) pour avoir des informations. Et c’est dans ce genre de contexte, qu’on se rend compte encore une fois ; que nos journalistes n’ont pas la culture de l’écrit…

Quant aux Premières Dames Françaises, je ne parlerai que de celles que j’ai connues à travers des livres, articles et documentaires : Bernadette Chirac, Cecilia Attias, Carla Bruni et Valérie Trieweiler.

Une Bernadette Chirac intelligente, discrète et influente dans les domaines politique, économique et social et ce jusqu’à aujourd’hui. Elle est à ce jour, la seule épouse d’un Président de la République Française à avoir exercé des mandats électifs (conseillère municipale, conseillère générale, adjointe au maire,…). Elle me fait penser à Hillary Clinton, très active également en politique.

Une Celia Athias qui n’a pas duré à l’Élysée mais qui a la réputation d’être une femme de caractère très indépendante. Elle a un fort réseau et a beaucoup œuvré dans la carrière de Nicolas Sarkozy, surtout quand il était à la place Beauvau, au ministère de l’intérieur. Dégoutée par les coups bas dans ce monde de loups des politiques, elle n’était pas prête à jouer le rôle de Dame de la nation. On ne saura jamais quel genre de Première Dame elle aurait été…

S’il y a une personne qui déteste la politique et tout ce qui tourne autour, c’est bien Carla Bruni. Elle était l’exemple typique de la première dame qui a joué un rôle symbolique : accompagner son mari dans ses déplacements, s’afficher pour quelques actions sociales et rien de plus. On ne lui demandait pas plus et elle ne voulait pas faire plus.

Et Trierweiler, je retiendrai d’elle comme la première dame (si j’ose la nommer ainsi) qui n’a jamais su trouver sa place. Celle qui devait même s’excuser d’être une Première Dame sans réellement l’être.

Des États Unis en France en passant par le Sénégal, on peut bien imaginer que les premières ont toutes eu une influence sur leur mari et donc sur les décisions dans la gestion de leur nation. Après c’est plus ou moins visible dans certains pays que dans d’autres.

Ce livre de Kati Marton spécialement bien documenté, montre à quel point la devise de Hillary Clinton, utilisé lors de la campagne de son mari,  » Deux pour le prix d’un « , s’est souvent démontrée dans l’histoire américaine mais aussi dans d’autres continents.

A lire. Pour les passionnés de l’Histoire.

Gormack