Hey, il faut que je te parle! J’y n’irai pas par 4 chemins : tu m’as manqué. Écrire ici m’a manqué. Nos échanges par mail, inbox Facebook et DM Twitter m’ont manqué. Il faut donc qu’on parle car tu sais quoi, j’ai beaucoup de choses à te raconter.

Oui, j’estime que tu dois savoir. Je t’ai lâché du jour au lendemain. Sans nouvelles. Pire, sans prévenir. Mais là, je n’ai plus le choix. Ma tête explose, les mots s’y bousculent, il faut que ça sorte.  23 juillet 2017 – 13 juillet 2018. Un an que je n’ai pas publié dans cet espace virtuel qui m’est tant cher. Et pourtant, ce fût 12 mois d’expériences intenses que j’aurai voulu et dû partager avec toi ici.

12 mois. 12 longs mois que je n’ai pas écrit sur ce blog. Près de 52 semaines que je pense à toi, que je prépare des sujets à partager avec toi. Sais-tu que j’ai une bonne dizaine de livres qu’il faut absolument que je te présente ? Et la série des Sénégalais sortis de l’X, je ne t’ai pas encore parlé d’Abdoulaye Ndiaye ni d’Aminata Ndiaye, la directrice de marketing d’Orange Sénégal encore moins de ma rencontre avec Ibrahima Kane, le directeur du Fonsis, tous des anciens de l’X Paris. Ils attendent dans les brouillons de ce blog.

Je ne t’ai pas encore dit qu’en septembre dernier, j’ai rencontré les boursiers d’excellence du gouvernement du Sénégal admis à Louis Le Grand et Henri IV. Ils m’ont raconté leur joie, décrit leur peur et exprimé leur souhait. Ils m’ont même laissé des vidéos pour toi. Et bien sûr qu’il faut que je les partage avec toi, mais comme les autres sujets, ils attendent dans l’appareil photos et dans les blocs notes!

 

Une partie de la team Paris des boursiers d'Excellence du gouvernement du Sénégal - Septembre 2017
Une partie de la team Paris des boursiers d’Excellence du gouvernement du Sénégal – Septembre 2017

 

Ah tiens, je ne t’ai pas parlé non plus des URPA, les Universités de la Rentrée de Présence Africaine où étaient réunis des auteurs de la littérature des Afriques. Entourée de Ken Bugul, Fathia Radjabou et Nafissatou Diaj’ai eu la joie d’animer un panel sur les femmes et l’écriture dans la littérature africaine.

 

Table ronde sur le thème de la femme dans la littérature des Afriques
Table ronde sur le thème de la femme dans la littérature des Afriques

 

Un silence, plusieurs raisons

Qu’est-ce qui m’en a empêché? Me demanderais-tu. C’est un tout te répondrais-je. D’abord il y a eu la peur. Oui oui, la peur. Elle, elle a le pouvoir de me faire bosser comme une dingue. Elle me donne cette forme d’invincibilité à faire avancer mes projets à la vitesse d’un TGV. Elle me pousse à explorer mes limites et à relever les challenges les plus fous. Mais elle a aussi ce pouvoir de m’inhiber, de donner à la pudeur et la retenue, une place significative en moi.

Plusieurs fois, j’ai fui ce blog car j’ai eu peur d’être impertinente et ennuyeuse. Peur de paraître narcissique, peur d’une exposition, peur d’être vue comme une de plus qui raconte sa vie sur les Internets. Puis je me suis rappelée les missions de mon blog. Son essence. Ce pourquoi je m’étais assise un juin de 2014 pour le créer : le partage. Partager en utilisant l’écriture comme exutoire. J’ai donc commencé à lutter contre cette peur. Autrement, elle allait consumer à petit feu, mon processus de création. Mon désir d’écrire et de partager mon regard et mes découvertes. Je ne dirai pas que j’ai gagné la bataille contre elle, mais j’ai clairement pris le dessus. Autrement, tu ne serais certainement pas en train de lire ce texte.

Note : Puis, de toutes les façons, je ne veux pas gagner cette lutte contre la peur, j’ai besoin d’elle comme moteur. Ce qu’il faut, c’est ce que j’arrive à la maîtriser. Et j’ai trouvé ma méthode pour y arriver.

Ensuite, revient encore l’inhibition mais cette fois-ci liée aux extraordinaires livres que j’ai lus ces 12 derniers mois. Si ce n’est pas la profondeur des thèmes qui m’ont éblouie, c’est la qualité de leur écriture. Et à chaque fois que je refermais certaines oeuvres, je perdais toute force et ambition d’écrire et la seconde d’après, je trouvais mon écriture médiocre, simpliste, immature, orale et que sais-je encore. Et il ne fallait surtout pas polluer des lecteurs avec. J’ai donc voulu tout arrêter et ne faire qu’écrire. Encore et encore. C’était soit ça, soit me terrer.

 

Inconsciemment ou consciemment, j’ai opté pour le choix 2 – me terrer – et j’ai continué à lire en attendant que ce blocage passe. Mais en réalité, ce blocage n’est jamais passé. J’ai dû lutter contre et tout comme la peur, je m’en suis pas totalement débarrassée mais j’ai pris le dessus. Non, la nature des choses a pris le dessus. Mon besoin d’écrire était plus fort que ce blocage. Autrement encore une fois, tu ne serais pas en train de lire ce texte.

 

Puis y a cette exigence de bien faire les choses que l’on s’impose. Un certain niveau d’exigence qu’on n’atteindra jamais et qui finit par nous pousser à abandonner des projets. Alors que l’abandon, c’est la dernière option à choisir. Tiens, prenons un exemple concret. J’ai certes arrêté mes notes de lecture sur ma chaine Youtube par manque de temps mais surtout parce que je les trouvais nulles, fades, mécaniques, trop courtes (alors que j’avais une tonne de choses à dire), répétitives et trop sérieuses. Elles étaient loin du type de partage que je faisais à mes proches. Cela m’a saoulée et j’ai arrêté. Error. Trop d’exigence tue l’exigence.

J’aurai dû les continuer avec régularité et sans pression jusqu’à atteindre ce niveau de partage que je faisais In Real Life et que je n’arrivais pas à retransmettre devant une caméra. C’était pareil avec l’écriture. Une longue file d’attente de textes pullulent dans les brouillons de ce blog car je ne les trouve pas suffisamment bons à être publiés. Dernièrement, j’ai appris à dire merde à mon exigence et à y aller. Ce long texte qui n’a pas encore abordé le sujet principal en est la preuve.

 

Et enfin, il y a eu Setalmaa. Lui, c’est ce projet sur lequel je ne me suis jamais étalée longuement et largement et sur lequel j’ai passé une bonne partie de ces 12 mois d’absence ici. Oui, en plus des blocages listés ci-dessus, j’ai travaillé et je travaille encore sur ce média spécialisé dans le business autour de la beauté et cosmétique en Afrique francophone et qui occupe 100% de mon temps aujourd’hui.

J’ai d’ailleurs fini par tout lâcher pour lui, toi y compris et en premier d’ailleurs. Mais il le fallait. Pour son développement, pour l’augmentation de sa chance de réussir ou d’échouer.

Je n’ai jamais voulu en parler ouvertement avec toi. Très sincèrement, je me suis dit que c’est un domaine qui ne t’intéressait pas. Mais en fait c’était une grosse erreur. C’était la première chose que je devais partager avec toi dès sa naissance car il me nourrit de la même manière que tous les sujets que j’ai partagés avec toi ici!

Je n’ai pas voulu que tu y adhères juste parce que c’est moi qui étais derrière. Je n’ai pas voulu que tu suives sa page Facebook juste par sympathie pour moi alors que tu n’es pas la cible. J’ai voulu que tu le découvres seul et que tu y adhères par intérêt et non pour la personne qui le porte.

Mais j’ai eu tort sur mon raisonnement. En agissant ainsi, c’est comme si je n’assumais pas ce nouveau né. J’ai cru qu’il pouvait se débrouiller tout seul, sans que je ne le porte dans mes bras, sans que je le défende de la même manière que je défendrais les bouquins que j’adore ou ceux que je déteste. Ou avec la même hargne que j’emploierais pour mener à bien un reportage. Maintenant c’est fini! Je te présente Setalmaa, celui pour qui j’ai quitté travail, famille et Paris pour échouer vite ou réussir vite avec lui! Depuis quelques mois, nous avons tous les deux déposé nos valises au Bénin à Cotonou. Mais ça, je te le raconterai plus tard.

 

Là où tout a commencé …

Il y a 4 ans, j’ouvrais ce blog par besoin de partager mais aussi, par frustration. Une frustration de ne pas avoir un média d’informations sénégalais qui me tenait en haleine et me donnait des informations chiffrées, pertinentes et consistantes. Je parlais de ce manque dans cet article. Puis en fin de l’année 2015, j’ai participé à un MOOC sur le journalisme puis à un concours (organisé par CFI Médias et Samsa.fr) dont le but final était de proposer un média en ligne innovant en Afrique francophone. Il s’agissait du projet Afrique innovation évoqué ici et . En voilà une opportunité pour concrétiser ce projet de média, me suis-je dit à l’époque.

Tout naturellement, j’ai participé au Mooc par envie d’apprendre ce nouveau métier qu’est le journalisme. Et tout naturellement à la fin de la formation, j’ai soumis ce projet de média pour participer au concours Afrique Innovation. C’était un média spécialisé en économie au Sénégal. Je voulais créer du contenu chiffré sur l’économie des ménages, des entreprises, de l’Etat, de l’éducation, de la santé, … Non seulement c’était classique comme média, mais c’était lourd pour une seule personne, pour la porteuse de projet que j’étais, ingénieur télécoms de formation et qui venait tout juste de rentrer dans ce nouveau métier.

Ma proposition de média était malgré tout retenue et ils m’ont poussée à la travailler davantage. A la rendre plus précise, plus ciblée et plus innovante en matière de nouveaux moyens de consommation de l’information en Afrique francophone. Mais alors, comment passe-t-on d’un média spécialisé dans le domaine de l’économie à un média spécialisé dans la beauté et cosmétique me demanderais-tu ? Là j’hésite! Dois-je te servir la version longue ou dois-je te la faire court? Grand moment d’hésitation. Mais en même temps, si tu es sur ce blog, c’est que tu as l’habitude de consommer mes longs textes. Non? Bon allez courage!

Note  : En écrivant ce texte, je me suis rendu compte à quel point c’était facile et passionnant pour moi de raconter l’histoire et le parcours des autres et tellement difficile d’accoucher les miens. Injuste tout ça.

Bref, je disais donc sur Setalmaa …

Ce passage du média spécialisé en économie à celui spécialisé dans le domaine de la beauté et cosmétique sur le continent, c’était du temps que je n’ai pas vu et senti passer. C’était du temps pour faire des études virtuelles, puis des études et tests sur le terrain, en Afrique, près de la cible, pour préciser mon offre. D’abord avec l’équipe CFI Médias, puis seule car j’ai tenu à continuer ce projet. Depuis, j’ai foncé sans relever la tête tant que je voyais les minis résultats de mes efforts et tant que ça me rapprochait de ce grand média que j’ai toujours en tête (faut bien commencer par quelque part non?)!

 

20 porteurs de projets, 7 mentors et 3 invités, c’est le cocktail d’une session d’accélération de 5 jours. Cc photo : Samsa.fr
20 porteurs de projets, 7 mentors et 3 invités, c’était le cocktail d’une session d’accélération de 5 jours à Dakar. Cc photo : Samsa.fr

 

Bon d’accord mais c’est quoi Setalmaa ?

Nous sommes en pleine année 2016. Internet est de plus en plus accessible dans certains pays d’Afrique francophone. L’utilisation du mobile est démocratisée. Facebook est gratuit. Le domaine de la beauté et cosmétique explose avec l’accès facile aux réseaux sociaux Facebook, Instagram, Youtube. Le phénomène Nappy commence à pénétrer sur le continent, des nouvelles techniques de maquillage plesbicitées par des stars internationales commencent à être adoptées par des jeunes femmes dans cette Afrique francophone. Celles-ci ont le pouvoir d’achat. Elle veulent accéder aux produits dermo-cosmétiques,  capillaires et makeup des grandes marques de cosmétiques mais butent sur la contrefaçon qui inonde leur marché. Une fois sur deux, elles tombent sur un produit contrefait. Alors elles s’organisent comme elles peuvent pour accéder aux produits de qualité. Les plus chanceuses voyagent et font le stock de produits, les autres tâtonnent en espérant acheter un produit original.

Cette réalité, je l’avais d’abord perçue sur les réseaux sociaux. Des dizaines de groupes privés Facebook spécialisés autour de la beauté et cosmétique se sont créés pendant cette période de boom dans ce domaine sur le continent. Ces communautés regroupent des milliers de femmes sénégalaises, ivoiriennes, camerounaises. Et tous les jours, les mêmes questions revenaient : où trouver l’original de la poudre Mac à Dakar? Où acheter la gamme shea moisture à Abidjan? Où trouver ce type de tissus à Dakar?, Quels produits utiliser pour ma peau grasse, sèche, …?

Et pendant ma semaine d’accélération avec CFI à Dakar, cette perception était devenue une réalité. Pendant une semaine, tous les soirs, j’arpentais les rues du marché Sandaga de Dakar, pour réaliser des interviews clients (le fameux customer interview). Je me suis prise beaucoup de vent mais j’ai eu la chance de rencontrer des femmes de tout âge qui ont répondu à mes questions. Le résultat de cette extraordinaire expérience (que je vous raconterai un jour) était une évidence : Trouver un produit dermo-cosmétique, cosmétique, maquillage ou capillaire de qualité était un parcours du combattant pour la sénégalaise lambda. Ainsi donc, 4 femmes sénégalaises sur 5 utilisent des produits qui ne lui conviennent pas ou sont obligées de les acheter à l’étranger.

 

PS : la vidéo suivante revient sur la semaine d’accélération à Dakar avec un focus sur 2 projets : Agribusiness TV de Inoussa Maiga et Setalmaa – Reportage TV5 Afrique

 

Je suis donc passée d’un média spécialisé en économie au Sénégal à un média spécialisé dans l’économie de consommation (Tech, Mode, ) puis à un média spécialisé dans le domaine de la beauté et cosmétique où tout était à faire pour répondre aux besoins d’une cible qui consomme fortement mais qui n’a pas accès aux bons produits, conseils et informations personnalisées. Un média que j’ai appelé Setalmaa, un mot wolof qui signifie cherche pour moi, regarde pour moi, trouve pour moi … Car désormais, il n’était plus question d’aller sur les groupes Facebook et poser sa question et obtenir 10 000 réponses mauvaises et bonnes  mélangées. Il était question de venir nous poser leurs questions chez Setalmaa.

Pour répondre à ce besoin, je me suis appuyée sur un réseau de dermatologues pour donner à ma cible (constituée de femmes africaines francophones, urbaines, connectées et agées entre 18 et 45 ans ) des informations personnalisées qui répondent à leurs questions spécifiques en prenant en compte leur environnement, la spécificité de leur peau et l’inexistence ou non de certains produits dans leurs pays de résidence.

J’ai d’abord utilisé WhatsApp pour les questions/réponses mais WhatsApp ne suffisait pas. Il fallait une plateforme web et une présence sur tous les canaux pour être plus proche d’elles. Pour non seulement répondre à leurs interrogations mais aussi pour leur montrer le bouillonnement qui existait dans ce domaine. Pour leur faire découvrir ces créateurs de marques de cosmétiques sur le continent, ces entrepreneurs qui ont investi dans l’e-commerce santé, beauté et cosmétique, ces hommes et femmes qui se sont lancés dans de nouveaux métiers autour de la beauté (exemple du maquillage professionnel)…

Donc en répondant aux dizaines de questions sur whatsApp ou inbox Facebook que je recevais quotidiennement, je construisais ainsi petit à petit un média. Un média pour centraliser les professionnels du domaine en Afrique francophone. Un média pour éduquer sur les questions liées à la santé, beauté et cosmétique. Un média pour mettre en avant des créateurs, (re) valoriser des métiers minimisés dans le temps et montrer le potentiel de tout un secteur. Et non, il ne s’agit pas d’un énième blog beauté où on vous expliquera comment appliquer un Eyeliner (quoique, ça ne fait pas de mal de temps en temps), mais d’un média professionnel qui vous parle d’un secteur en plein boom. Du point de vue chiffres, entrepreneuriat, business, santé et de l’accès à certains produits inexistants sur le continent.

Et ça a marché. Dès le début, la cible a adhéré au projet. Elles ont massivement partagé et commenté nos articles et vidéos. Leur questions quotidiennes ont doublé sur WhatsApp et Facebook.

Un an après, Setalmaa est devenu d’une part un média spécialisé dans le business autour de la beauté en Afrique francophone avec une communauté de plus de 42 000 followers sur nos différentes réseaux sociaux et d’autres part, une plateforme qui facilite l’accès à certains produits cosmétiques et dermo-cosmétiques à une cible qui a le pouvoir d’achat et qui ne trouve pas facilement certains produits de qualité dans sa ville de résidence.

 

J’ai appris. Beaucoup. Enormément.

Oui, j’ai déserté ce blog pendant 1 an pour toutes les raisons citées ci-dessus mais au même moment, à temps partiel puis à temps plein sur Setalmaa, j’étais immergée dans un autre domaine que je n’imaginais pas un jour explorer. #Life.

Pendant 12 mois, j’ai découvert une effervescence réelle du domaine de la beauté et cosmétique en Afrique francophone, identifié les milles et une opportunités non encore saisies dans ce secteur et parcouru le continent à la recherche d’entrepreneurs qui se sont lancés dans le domaine. L’idée, c’était de raconter le parcours et l’histoire de ces hommes et femmes qui ne font pas forcément la Une des médias Mainstream mais qui relèvent des défis et challenges énormes au quotidien sur le continent dans un domaine bouillonnant mais encore méconnu et donc toujours dévalorisé.

J’ai eu 12 mois pour découvrir que le temps où être coiffeuse ou maquilleuse était un plan B date d’un autre siècle. Que de nos jours, ce sont des hommes et femmes, banquiers, experts comptables, juristes, ingénieurs qui quittent leur parcours classiques pour suivre leur passion dans le domaine de la beauté et cosmétique en Afrique. Alors oui, il y a encore du chemin à faire mais la révolution et la revalorisation du domaine de la beauté sur cette partie de l’Afrique est déjà en marche – L’Afrique anglophone elle, est déjà à un autre niveau en ce qui concerne les cosmétiques et la création de contenus dans ce domaine.

Je n’ai plus eu de doute sur cette réalité quand j’ai rencontré une Khady Niang Diakahaté, experte comptable de formation, réaliser de grandes œuvres sur le continent avec son statut de make-up artist. Quand on la voit susciter des vocations et être citée comme référence par de nombreuses filles africaines qui se sont lancées dans un des métiers qui a explosé sur le continent ces 3 dernières années : le maquillage artistique.

Il n’y a plus eu de doute lorsque j’ai croisé le chemin de jeunes femmes comme Minielle Tall du Sénégal, Elise Nyemb et Nathalie Edimo du Cameroun ou Mariam Diaby de la côte d’Ivoire. Des femmes qui ont initié la révolution du phénomène Nappy dans leurs pays respectifs. Il n’y a plus aucun doute quand une Sandrine Assouan, ingénieur en chimie destinée à devenir Docteur dans un laboratoire sort de son parcours classique pour créer une marque de produits dermo-cosmétiques naturels en Côte d’Ivoire.

Plus aucun doute quand un Christian Ngan banquier d’affaires rentre sur le continent après des études et une expérience professionnelle à l’étranger pour occuper un terrain inexploité et créer sa marque de produits naturels pour les peaux noires et métissées.

 

Des entrepreneurs interviewés dans Setalmaa
Quelques entrepreneurs interviewés chez Setalmaa

Plus aucun doute quand des jeunes femmes comme Masha Akré de la Côte d’Ivoire, développent une expertise dans le domaine du maquillage artistique sur le continent au point de se retrouver dans les bureaux de grandes marques en tant que consultante.

Plus aucun doute quand on voit la Sénégalaise Nogaye Ndiaye Mourgaye implanter ses différentes ongleries d’un standing international dans différents coins de la ville de Dakar.

Il n’y a plus aucun doute quand des jeunes femmes comme Ramatoulaye, Coumba, Diariétou, Kate, Thiané, Victorine, N’néné Galé, Ange créent des marques de maquillage ou de produits capillaires 100% naturels sur le continent.

Oh qu’il n’y a plus aucun doute quand le secteur de l’e-commerce dans le domaine des cosmétiques explose avec des plateformes comme Nubian Beauty Shop, Fabellashop, Mossane, Etounature, etc font leur maximum pour fournir à la femme africaine francophone, les produits de grandes marques mais aussi des produits locaux. Et enfin, il n’y a plus aucun doute quand des plateformes comme Awalebiz permettent à ces entrepreneurs du continent de s’atteler essentiellement à la création de leurs produits pendant qu’eux s’occupent de les montrer et vendre au monde.

J’ai donc passé 12 mois intenses. Partagée au quotidien entre la joie, les certitudes, le doute, les rencontres, les difficultés …

 

Difficultés rencontrées mais surmontées …

Il y a eu une et une seule difficulté : la solitude. Seule pour faire la veille, seule pour écrire, seule pour imaginer et créer de nouveaux contenus. Et encore seule pour être sur tous les fronts. Pour que Setalmaa avance. Pour qu’il vive, pour qu’il continue de créer, pour qu’il réponde aux questions au quotidien.

Mais qu’elle est surmontable cette solitude quand vous vivez une aventure humaine – avec ses hauts et ses bas – avec votre co-équipier et développeur depuis la naissance de ce projet. Elle est surmontable lorsque vos meilleurs amis sont les relecteurs des articles de Setalmaa. Surmontable lorsque votre soeur vous déniche des talents et assure les interviews vidéos à Dakar. Surmontable quand c’est le papa et le frère qui vous livrent vos box chez vos clientes – un des modèles économiques de Setalmaa dont je vous parlerai plus tard. Surmontable lorsque ce sont les amis journalistes et mondoblogueurs vivant dans les grandes capitales africaines qui vous assurent la captation de vos vidéos dans ces pays-là. Surmontable quand des Sarah, Dieynaba et Aminata vous écrivent pour contribuer au média Sétalmaa. Alors oui, cette solitude est certes fort présente par moment mais plusieurs fois, elle était devenue un détail car, à chaque fois que je levais la tête, je trouvais des ressources sûres sur qui m’appuyer et cela n’a pas de prix.

 

En quoi cela a changé ma vie …

Parce que tout d’abord, je passe mes journées à apporter des réponses et solutions précises à des centaines de femmes qui recherchent des réponses à des besoins précis. C’est jouissif.  Ensuite, avec ce média, j’ai la confirmation (encore une fois) de mon attrait pour le journalisme, moi l’ingénieur télécoms de formation. Aujourd’hui, j’exerce cette activité dans le business autour de la beauté et cosmétique et demain, ce sera dans d’autres secteurs qui me passionnent : la culture, l’éducation et la politique.

Setalmaa m’a aussi poussée à connaître mes limites – et à aller au-delà. Sortir de ma zone de confort. Identifier ce que je veux et ce que je ne veux pas. Ce que je ne veux pas faire mais que je dois faire … Il m’a fait découvrir ces choses que je trouve du plaisir et de la passion à réaliser aujourd’hui alors que je n’y étais pas prédestinée.

 

Les promesses de Setalmaa

Je veux qu’il soit un média de référence dans le domaine de la beauté et cosmétique en Afrique francophone. La référence pour trouver un contenu de qualité. L’endroit où des africaines francophones trouveront des produits qui marcheront sur elles. Ceux qui résoudront leurs problèmes de peau. Un annuaire pour trouver les professionnels du milieu. Une mine d’informations pour lancer sa marque ou ouvrir son espace de beauté. Un canal où l’on vous donnera une réponse spécifique pour vous, répondant à votre besoin et pas à celui d’une autre. Un passage incontournable pour toute marque locale ou internationale qui voudra se lancer sur le marché afrique subsaharien francophone.

Setalmaa, je le veux grand. Unique. Nécessaire. Fort. Pour vous. Pour nous. Pour le continent.

 

What’s next?

il y a 3 mois, je quittais Paris pour intégrer Etristars, un programme d’accélération de startups à Cotonou, au Bénin. Cette expérience fut à la fois douloureuse et enrichissante.

Note : La question qu’on m’a le plus posé ces 3 derniers mois était : « Mais qu’est-ce que tu fous au Bénin ? ». Si toi aussi, cette question t’a traversé l’esprit en lisant ces mots ci-dessus, sache que je te répondrai volontiers. Mais plus tard. Pour l’heure, comme les autres, tu peux juste te contenter d’un « Mais qu’est-ce que je ne foutrais pas au Bénin? » comme réponse. Sourire.

Je finis donc ce programme dans quelques jours et bien sûr je continuerai Setalmaa. Plus le choix maintenant. Mais je continuerai autrement, avec une meilleure connaissance de moi-même, de mon projet et de l’entrepreneure que je suis devenue. Avec une vision (encore) plus claire et des objectifs plus précis. Mais avant, je dois lever le pied, me retrouver, retrouver les miens, retrouver une santé physique et morale.

Pour ce qui nous concerne toi et moi, j’ai hâte de partager avec toi mes coups de coeur et coup de gueule lecture, les milles et une interviews en brouillons sur le blog, ce parcours entrepreneurial qui s’est imposé à moi et enfin cette expérience au Bénin.

J’ai écrit ce texte avec beaucoup d’émotion. Ce blog m’a terriblement manqué. Vous m’avez terriblement manqué. 

Bravo à toi qui a lu jsuqu’à la fin. je te dis à la semaine prochaine pour le prochain roman. Rires.

Aminata